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Les Panama papers et l'expert fiscal en Belgique

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Les "Panama papers" sont des documents confidentiels, publiés par la presse mondiale, détaillant la création et l'utilisation, depuis des années, de sociétés financières "offshore" dans l'Etat de Panama, où elles bénéficient d'une taxation nulle. Les actionnaires de ces sociétés les utilisent à des fins de blanchiment d'argent (drogues, prostitution), de détournement de fonds publics (dictateurs véreux), et aussi ... de fraude fiscale. Loger l'essentiel de sa fortune dans de telles sociétés permet à une personne physique de n'avoir pas à déclarer les revenus de leurs avoirs, tout en occupant par exemple aussi, pourquoi pas, des fonctions politiques où ils prétendent eux-mêmes exorciser la fraude fiscale de leur pays.

Il semble donc bien que l'on assiste au début de la fin de la grande fraude fiscale organisée au niveau mondial, qui existe sous cette forme depuis plus de cinquante ans.

Le contribuable belge - et son expert fiscal - doivent sans doute s'en réjouir: une meilleure répartition de la charge d'imposition sur TOUS les contribuables du monde devrait garantir une meilleure équité entre tous les citoyens, également dans notre pays.

Mais est-ce bien si sûr finalement? Il y a un chiffre récemment publié qui nous interpelle: 5,8 milliards d'euros. C'est le montant des impôts enrôlés par le fisc belge depuis 2011 qui sont jugés "irrécouvrables", et qui ne seront donc pas récupérés. Cela représente même 1 milliard d'euros rien que pour l'année 2015. Bien sûr cela n'est pas de la fraude fiscale organisée, mais le résultat n'est-il pas finalement identique?

Certains fiscalistes chevronnés accablent les fonctionnaires de l'administration fiscale belge: les moyens informatiques nécessaires sont-ils bien mis en oeuvre? Apparemment non! A la décharge de nos fonctionnaires, il faut admettre que le non-renouvellement des fonctionnaires fiscaux partant à la pension ne fait que diminuer les personnels disponibles pour les contrôles fiscaux , dès lors moins nombreux et moins efficaces.

Le résultat final? La classe moyenne belge - employés, pensionnés et certains indépendants - continue à payer les impôts dûs, et c'est tout. Le désinvestissement systématique en formation, en personnel, et en moyens informatiques qui touche notre administration fiscale est justifié politiquement par les économies budgétaires "indispensables", soit!  Mais l'équité dans tout cela?